Céline Uhart & le hand (3/3) : le lancement de Côte Basque Handball

Près d’un quart de siècle à fouler les parquets quasiment chaque week-end, à enchaîner les entraînements, à pousser derrière ses équipes, à arpenter la région voire même certains coins de l’Hexagone. Handballeuse depuis ses cinq ans, Céline Uhart raccroche après avoir connu trois structures : l’Aviron Bayonnais pendant un an, l’entente Côte Basque ces deux dernières saisons et surtout l’Anglet Olympique, devenue l’ABOHB, son club de toujours.

Épisode 2 : de la Pré-région à la Nationale 1

En 2016, un premier dessein d’union entre l’Aviron Bayonnais et l’Anglet-Biarritz Olympique émergeait. À l’époque, les deux équipes fanions évoluaient chacune de leur côté en N2. « Je reste persuadée que ça avait été trop vite et mal fait. » Trois ans plus tard, alors que les deux clubs vivaient une saison chaotique en N1 (avant-dernier et dernier de la poule 1), les dirigeants planchaient sur une nouvelle mouture. « C’était vraiment le moment idéal. En 2019, le projet était enfin viable, souligne-t-elle. Les fondations étaient bonnes et la formation au centre du projet. » Afin de conserver ses pépites et joueuses d’expérience mais aussi pour implanter le haut niveau dans la région, une structure telle qu’une entente était inévitable. « C’est la raison pour laquelle Côte Basque Handball a bien fonctionné. »

Céline face à San Adrian (D2 espagnole), dans la banlieue de Bilbao, pour le troisième match de l’Histoire de l’entente, en amical. Avec le maillot bleu provisoire.

L’aventure CBHB a débuté dans sa salle, dans son antre de Saint-Jean. Pour leur premier match, les Neskak affrontaient leurs voisines de Tardets, promues en N2. Victorieuses face aux Souletines, les protégées de Mike Moreno aligneront cinq autres succès de rang en prépa, une victoire en Coupe de France contre Pessac (N1) et surtout un sans-faute en championnat. « C’était une super expérience, le groupe était vraiment top. » À son poste, Céline a dû ferrailler dur avec ses homologues Léa Ozcoïdi et Estelle Morosi : « deux très bonnes joueuses, selon elle. Nous étions très investies. C’était assez pesant et dur mentalement. Nous étions toutes les trois légitimes au titre de numéro une. Mika a dû se tirer les cheveux pour établir ses compositions. Il a dû en faire sauter une d’entre nous chaque week-end. » Mais c’est ainsi, « le haut niveau passe forcément par la concurrence. Et sans concurrence, il n’y a pas d’évolution, prolonge Céline. On se tirait vers le haut. »

Meneuse, Céline a hérité du brassard de capitaine cette saison.

Deux fins frustrantes

Au coude-à-coude avec la réserve du Havre, dans une lutte à distance féroce pour glaner une place en finale du championnat de France de N2, les filles et le staff ont dû rapidement faire une croix sur le voyage en Martinique. Le Covid est venu chambouler tous les plans. « Les punchs planteurs nous tenaient en haleine, sourit-elle. Je suis super triste que ça se soit terminé de la sorte. Après avoir largement gagné à Mont-de-Marsan, on se voyait fêter la montée à Gan lors de notre dernière rencontre. Le club l’aurait bien mérité. C’était également frustrant pour les filles qui arrêtaient. »

Adepte des contre-attaques, Céline venait également donner un petit coup de main en défense. Ici contre Toulouse, en septembre dernier.

Je n’ai jamais perdu avec le maillot de Côte Basque Handball.

C’est avec un goût d’inachevé et beaucoup d’envie que Céline et ses équipières ont attaqué la saison 2020-2021. Héritant du brassard, Capt’ain Uhart s’est posée quelques petites questions à propos des différentes mutations survenues à l’intersaison. « Est-ce qu’avec l’apport de ces nouvelles joueuses, la mayonnaise allait-elle prendre ? » La réponse ne s’est pas fait attendre. Le stage de prépa à Moncoutant et les autres matchs amicaux ont précédé un « début de saison extraordinaire ».

Le succès décroché contre la réserve de Mérignac en Gironde, lors de la première journée de N1, reste encore gravé en elle. « C’était un moment génial. » Sans que personne ne le sache, elle avait mis ses « treize guerrières, toutes très investies » dans la confidence. Profitant de l’intimité du vestiaire, Céline avait déclaré qu’elle stopperait son aventure handballistique en mai 2021. « À la mi-temps, je me suis dit de prendre ce moment en photo dans ma tête, que je ne virais peut-être plus jamais cette émotion. »

En effet, après le nul contre Toulouse et la victoire à Bordes, la saison s’est brusquement arrêtée. Pour la deuxième fois de suite. « Ces deux fins sont injustes. C’est vraiment du gâchis. On aurait pu faire de sacrés résultats. » Maigre lot de consolation, Céline s’est rendu compte qu’elle n’avait jamais perdu avec le maillot de Côte Basque Handball. « J’ai adoré partager les entraînements avec Mika et ce groupe très sain, composé de filles travailleuses. Je vais beaucoup le regretter. Le hand va forcément ça va beaucoup me manquer. Je ne retrouverai jamais ces moments. »

Et maintenant ?

Alors qu’elle vient de franchir la barre symbolique de la trentaine, Céline fourmille de projets en tous genres. Après avoir accumulé « plein de petits bobos », notre future ex-ailière aspire désormais à profiter de ses prochains week-ends et de ses proches. « On y prend goût depuis fin octobre, c’est une vie que je n’avais jamais eue » lâche-t-elle. Dans le cadre de son boulot, elle espère pouvoir repartir en mission humanitaire au Bénin, en 2022.

Vous imaginez bien, Capt’ain Uhart ne quittera pas le monde handballistique aussi brutalement. Elle continuera de venir voir et supporter ses anciennes coéquipières qui resteront ses patientes. En effet, Céline conserve son rôle d’ostéo du groupe de N1. Voire plus haut dans quelques saisons. « La D2 ou la D1, c’est tout ce que je peux souhaiter à l’entente. Toutefois, j’aimerais qu’Anglet-Biarritz et Bayonne ne soient pas oubliés au profit de CBHB. Ces deux structures sont trop importantes. »

SES Remerciements

Je tiens à remercier mes parents qui se sont beaucoup investis. Maman a été dirigeante pendant des années. Elle m’a amenée à droite, à gauche et a été présente à quasiment tous mes matchs. Je voulais également remercier tous mes proches. Les potes ont toujours fait en sorte que les repas se fassent pile au moment où je n’avais pas entraînement. En N1, on a presque des exigences de pro. C’est compliqué de tout concilier. Après notre journée de travail, on enchaîne avec une séance. Forcément, en rentrant à 22h30, les courses et le ménage ne sont pas toujours faits. Je ne vois que très peu mon copain, aussi.

Je remercie tous ceux qui m’ont donné goût au hand et l’envie de progresser et notamment mes coachs Arminda Leite, Daniel Fortis, Marie-Jo Laline, Romain Goya, Eve Lassalle, Tomy (Marchis), David Traoré, Pauline Jeoffroy, Valentin Fontaine et Mika (Moreno). J’adresse un grand merci à tous les bénévoles, dirigeants et présidents d’Anglet-Biarritz, de l’Aviron, de Côte Basque Handball. Enfin, je remercie Rémy (Giraudon) pour ses photos, les spectateurs qui sont venus assister à nos matchs ainsi que toutes mes coéquipières qui ont partagé un moment de ma vie.

Salut Céline 👋

Crédits photos : Rémy Giraudon

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