Céline Uhart & le hand (2/3) : de la Pré-région à la Nationale 1

Près d’un quart de siècle à fouler les parquets quasiment chaque week-end, à enchaîner les entraînements, à pousser derrière ses équipes, à arpenter la région voire même certains coins de l’Hexagone. Handballeuse depuis ses cinq ans, Céline Uhart raccroche après avoir connu trois structures : l’Aviron Bayonnais pendant un an, l’entente Côte Basque ces deux dernières saisons et surtout l’Anglet Olympique, devenue l’ABOHB, son club de toujours.

Épisode 1 : ses débuts et le voyage au pays de la Petite Sirène

Pour ses débuts chez les seniors (2009-2010), Céline a pris part à la première édition de la coupe de France départementale. « C’était vraiment la première fois qu’un petit club pouvait vivre un truc aussi extraordinaire », explique-t-elle. Passant les tours les uns après les autres, secteur par secteur, la formation angloye s’est hissée jusqu’en finale après avoir disposé en demies d’un club issu de la banlieue montpelliéraine.

Ce match tant espéré, disputé dans la mythique salle Pierre-de-Coubertin, antre du PSG handball, Céline a bien failli ne jamais le jouer. « Il était vraiment mal tombé. » En plein milieu de ses partiels. « Ma mère m’avait demandé si j’allais réussir à bûcher pendant que les copines allaient être à Paris. » Pour s’offrir le droit de rêver, la future ostéo a donc planché avec assiduité tout le long de la semaine. De Bordeaux, elle est ensuite descendue sur Biarritz pour s’entraîner aux côtés de ses équipières avant de s’envoler pour la capitale.

Très studieuse, Céline, galvanisée par un tel événement, gardait cependant ses examens dans un coin de la tête. « Je suis allée jusqu’à réviser dans le terminal de l’aéroport », se replonge-t-elle. Une fois arrivées sur place, les Angloyes ne sont pas passées à côté de leur rencontre, remportée face aux Nordistes de Gravelines. « À notre échelle, c’était tout bonnement phénoménal. Nous avions même eu un bus de supporters. C’est génial d’avoir pu montrer tout ce côté du sport amateur. » Après avoir assisté à l’ensemble des finales (régionales puis nationales, féminines comme masculines), l’effectif s’est séparé dans la joie et l’allégresse. Tandis que ses amies sont rentrées en bus, Céline a pris le train. Eh oui, il y avait ces fameux partiels à passer le lundi matin.

Quelques mois plus tard, l’ABOHB s’est inclinée en demies de la coupe de France régionale. En championnat, les Anglo-Biarrotes, deuxièmes de leur poule, ont flirté avec la montée. Avant de rejoindre à nouveau Paris, pour une seconde finale de coupe, à Bercy. « C’était un match pourri. Ça reste à la fois un triste souvenir mais belle expérience malgré tout. » Pour se consoler, Céline & Co assurent cette fois leur première montée. Pour les accompagner dans cette aventure, elles ont pu compter sur l’arrivée de Tamas Marchis, qui a formé « un vrai duo » avec David Traoré. « Tomy a été le plus important pour moi, humainement parlant. Sa femme Sylvia nous avait beaucoup amenées, à nous, les jeunes. On a connu de superbes saisons. Mes plus belles. Le groupe était génial, les filles ne se prenaient pas la tête. »

Montées successives

Parties de Pré-région, les Basques ont aligné quatre accessions consécutives pour atterrir jusqu’en Nationale 2. Céline se souvient encore du barrage de N3 gagné contre Altkirch, à Clermont-Ferrand. « Cette quatrième montée était un moment incroyable. On a réussi à décrocher notre ticket pour la N2 face à une équipe qui nous dominait. » La faute notamment à Paola Ekuba, « la meilleure joueuse » de la formation alsacienne. « Après nous avoir mis la misère, Tomy avait eu le culot d’aller la chercher. Il a réussi à lui faire traverser la France entière, à ce qu’elle fasse la diagonale Alsace-Pays basque. Tomy dans toute sa splendeur. Il ne s’arrêtait jamais », sourit-elle.

« Avec sa rigueur très roumaine, on le prenait un peu pour un fou mais on ne peut que le remercier pour tout le travail effectué. » Les différentes séances physiques ainsi que les quatre entraînements par semaine ont visiblement porté leurs fruits. « Nous étions réellement entrées dans le monde semi-pro, remarque-t-elle. Il y avait des recrues, il a fait venir des étrangères. C’était complètement une autre vision. »

Les croisés, triste souvenir

Le débarquement en N2 a impliqué d’inévitables affrontements avec les rivales bayonnaises. Forcément, ces derbies face à l’Aviron ont mobilisé de nombreux spectateurs. « On n’avait jamais vu la salle Saint-Jean aussi pleine », s’exclame Céline, qui plaisante lorsqu’elle évoque le carton rouge de Marion Barranco. « Nous avions une super génération, avec Clara Marceau notamment. » De quoi assurer le maintien. « On aurait presque pu aller chercher la N1. On a fini à la troisième ou quatrième place. Malheureusement, on a eu pas mal de blessures. Avec toutes ces années à tirer, je pense qu’on a engrangé pas mal de fatigue. »

Diplôme d’ostéopathe en poche en juillet 2014, Céline a ouvert son cabinet presque dans la foulée, en novembre. Mais en plus de l’épuisement, le stress est venu s’ajouter provoquant un cocktail détonnant. « Dès que la pression est redescendue, je l’ai peu payé. » Tarif : rupture des ligaments croisés. Un 14 février… Son année 2015 a donc été marquée par neuf mois de rééducation et un court passage au CERS, après l’opération. Une fois sortie de l’établissement capbretonnais, « je suis partie au cabinet sur les coups de 15h. Le soir, mon genou faisait la gueule. Hélas, on n’a pas la chance de pouvoir s’arrêter en profession libérale », souligne-t-elle. Avec trois à quatre séances de kiné par semaine, l’ailière gauche a pu progressivement reprendre une activité physique et dû suivre, avec rigueur, une inéluctable réathlétisation.

D’un commun accord avec le staff, Céline a fait son come-back avec l’équipe fanion sept mois et demi après son intervention chirurgicale. Paradoxalement, « les contacts auraient été plus violents et moins maîtrisés avec la réserve. » L’Angloye est donc entrée en jeu à la vingtième contre Montluçon, au lendemain des attentats de Paris, le 14 novembre, neuf mois jour pour jour après avoir contracté sa blessure. « Sur une contre-attaque, je fais une belle diagonale et prends un beau carreau aussi. En tapant le mur en face de la salle, je me suis dégommé la tête », se remémore-t-elle. Son vis-à-vis a logiquement écopé d’un carton rouge, dans un silence de cathédrale. « J’ai rapidement fait signe à ma mère que tout allait bien. Après ça, Tomy m’avait dit qu’il ne pouvait plus rien m’arriver. »

Une présence furtive en N1

Derrière, Céline n’a plus jamais quitté le groupe. Elle a ainsi pu disputer le barrage d’accession en N1 à Sedan, face aux Cannoises de l’internationale serbe Jelena Popovic. « Je l’applaudissais sur le terrain tellement c’était beau. Tomy m’avait dit de la prendre en stricte, il se foutait de ma gueule », rigole-t-elle encore aujourd’hui. « C’était une magnifique joueuse. » En s’inclinant face aux Maralpines (39-30), les Anglo-Biarrotes ont dû retarder d’un an leur projet d’évolution en élite amateur.

L’époque où Céline venait jouer (et gagner) à Lauga contre Intza.

Entre-temps, Tamas Marchis a cédé sa place à Valentin Fontaine. Dans le groupe de départ, celui de 2010, peu de joueuses « ont eu le mérite de rester : on pouvait seulement retrouver Élodie Sanchez et Audrey Mimiague« , liste-t-elle. Cette année « très compliquée », bouclée à l’avant-dernière place, a débouché sur une relégation directe. À l’instar des rivales bayonnaises, douzièmes de la poule. De fait, l’entente entre les deux formations était inévitable.

Prochain épisode : le lancement de Côte Basque Handball

Crédits photos : Stéphane Pillaud/Sportissimo, Rémy Giraudon, page Facebook de l’Anglet-Biarritz Olympique Handball

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